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vendredi 14 octobre 2011

Second tour : position locale bis

Chers amis,
Dans une interview au journal "Le Monde", Arnaud Montebourg annonce : "Les propositions des deux candidats étant pour moi équivalentes, je ne peux me déterminer en fonction de ma seule éthique de conviction. C'est pourquoi mon choix relèvera avant tout de l'éthique de responsabilité : je veux faire gagner la gauche et battre Nicolas Sarkozy. A titre exclusivement personnel, je voterai donc pour François Hollande, arrivé en tête du premier tour, à mes yeux meilleur rassembleur".
Dans cette interview il annonce ne donner aucune consigne de vote à ses électeurs, leur laissant la liberté de choix, et déclare que faute de différences entre les propositions des candidats, à il votera François Hollande titre personnel pour ses qualités de rassembleur.

L'équipe locale ne change cependant en rien son communiqué de presse transmis ce mardi :

"L'équipe des soutiens d'Arnaud Montebourg en Loire Atlantique se réjouit du score tant national que local d'Arnaud Montebourg. Ce score traduit l'inquiétude des citoyens face à la crise financière et sociale actuelle et le désamour face à certaines pratiques politiciennes présentes, il traduit aussi leur volonté de tourner la page par des solutions nouvelles tant économiques qu'institutionnelles.

Concernant le second tour, l'équipe locale ne donne aucune consigne de vote, elle laisse à ses électeurs et à ses volontaires toute liberté dans leur choix et leurs investissements, même si elle constate qu'une majorité des volontaires locaux voteront pour Martine Aubry.
Les électeurs seront éclairés par le débat entre François Hollande et Martine Aubry, ainsi que par leur réponse à la lettre d'Arnaud Montebourg. Les idées doivent en effet dépasser les personnes."

Arnaud Montebourg : "Je voterai pour Hollande"

LEMONDE.FR | 14.10.11 | 09h59   •  Mis à jour le 14.10.11 | 10h04

Arnaud Montebourg, qui a obtenu 17 % des voix au premier tour de la primaire socialiste le 9 octobre, explique son refus de donner une consigne de vote pour dimanche.
Quel message adressez-vous à vos électeurs pour le second tour ?
 J'ai un premier devoir : respecter la liberté de choix des Françaises et des Français qui m'ont fait confiance. J'ai voulu pleinement les éclairer par les échanges de lettres publiques que j'ai eus avec Martine Aubry et François Hollande. Les citoyens peuvent désormais faire leur choix en leur âme et conscience, et je me refuse à donner une consigne de vote. Car dans le mot consigne, il y a l'image de la caserne et de l'enfermement qui est incompatible avec l'esprit de la primaire et de la VIe République. Chacun se déterminera au vu des choix exprimés par les candidats.
Quel bulletin glisserez-vous dans l'urne dimanche ?
Pierre Mendès France disait: "Gouverner, c'est choisir." Même lorsque cela est difficile. Il me paraît de l'ordre des qualités demandées à un dirigeant politique de ne pas se dérober. C'est mon second devoir. Dans ce choix, il y a d'abord l'obligation de faire gagner la gauche en 2012. Les propositions des deux candidats étant pour moi équivalentes, je ne peux me déterminer en fonction de ma seule éthique de conviction. C'est pourquoi mon choix relèvera avant tout de l'éthique de responsabilité: je veux faire gagner la gauche et battre Nicolas Sarkozy. A titre exclusivement personnel, je voterai donc pour François Hollande, arrivé en tête du premier tour, à mes yeux meilleur rassembleur. Il a su dans sa lettre jeter un pont entre nos deux rives, et je lui en sais gré.
En votant François Hollande, ne cédez-vous pas à l'argument du vote utile ?
Mais je souhaite être utile! Utile à la gauche et à la France. Au premier tour, on choisit par conviction. Au second, on choisit l'efficacité. Comme tous les candidats de premier tour, dont mon amie Ségolène Royal qui a formulé souvent des propositions similaires aux miennes, je choisis de voter François Hollande. Mieux vaut éviter la fragmentation, donner de la force à celui qui est arrivé en tête et soutenir le meilleur rassembleur plutôt que de rester sur mon Aventin. Le résultat de la primaire ne doit pas donner le signal de l'impossibilité de rassemblement. Ce serait une preuve offerte au sarkozysme de notre incapacité à nous unir.
Ne craignez-vous pas de heurter vos cadres locaux, plutôt favorables à Martine Aubry ?
Chacun de mes amis fera son choix en conscience, et je le respecterai. Je n'ai pas d'argument qui me permette de penser que Martine serait plus à gauche que François, ou l'inverse d'ailleurs! Leur choix doit être libre. La décision leur appartient, tout comme la mienne.
N'y a-t-il pas une contradiction à voter pour M. Hollande après avoir souligné pendant toute votre campagne sa proximité avec Mme Aubry ?
Non. Je continue de penser, surtout après le débat de mercredi soir, que ces deux candidatures sont identiques, et qu'elles auraient dû se mettre d'accord dès le début. Si j'avais été au deuxième tour, nous aurions eu un débat d'orientation plutôt qu'un débat de tempéraments et de personnes. Mais j'ai mené cette campagne pour changer la gauche, pour que celle-ci puisse à son tour changer la France. Pas pour témoigner.
En quoi leurs réponses à votre lettre ouverte aux finalistes ont-elles guidé votre choix ?
J'ai utilisé une méthode innovante et inédite dans l'histoire de la VeRépublique: questionner publiquement, par écrit, les deux candidats. Ceux-ci m'ont répondu de façon sincère et précise, et je les en remercie. Je les ai rencontrés pour une conversation approfondie. Et eux-mêmes ont choisi de rendre publique la lettre qu'ils m'ont adressée et qui vaut engagement de leur part pour l'avenir.
M. Hollande et Mme Aubry se seraient donc subitement convertis à vos thèses ?
Non, et je ne le leur demandais pas. Mais tous deux ont réalisé une forme de dépassement d'eux-mêmes. Ils ont avancé vers la mise sous contrôle des banques et la lutte contre la concurrence déloyale mondiale. Tous deux ont repris des morceaux de VIe République, même en pièces détachées… Mon travail, dans cet entre-deux-tours, aura été celui d'un éclaireur. Certains ont dit que j'aurais été arrogant. C'est se méprendre. J'ai perdu cette élection, je suis arrivé troisième. Mais ma manière d'interpeller les autres candidats était une façon pour moi de marquer une fidélité à ces gens qui attendent que la gauche soit différente de celle que nous avons connue dans le passé.
Quelles garanties avez-vous obtenues de M.Hollande concernant vos propositions ?
Les garanties sont les engagements que Martine et François ont pris devant les Français et qu'ils ont rendus publics dans leur lettre.
Avez-vous évoqué avec M.Hollande la question des postes que vous et vos proches occuperiez dans son équipe de campagne si d'aventure il était désigné ?
Non. Je ne suis candidat à aucune fonction dans la campagne, car j'ai déclaré depuis le début de cette primaire que je serai au service du vainqueur, quel qu'il soit.
Dans quel rôle ?
J'en parlerai avec le candidat investi, le moment venu et selon ses besoins.
Votre contentieux avec Martine Aubry sur le cas de Jean-Noël Guérini, ex-patron de la fédération PS des Bouches-du-Rhône, a-t-il joué dans votre décision ?
Non. Il est vrai que j'avais été mis en accusation au bureau national pour avoir dit, à juste titre, ce qu'il fallait penser des pratiques du système Guérini. Mais je m'en suis expliqué jeudi avec Martine. J'ai écarté toute considération personnelle. On ne fonde pas des choix pour la France sur des déceptions intimes.
Comment comptez-vous capitaliser sur ces 17 % recueillis au premier tour ?
 Mon combat pour cette “Nouvelle France” va continuer. Mes idées sont désormais à l'ordre du jour du débat politique. Dès lundi 17 octobre, quel que soit le résultat, je serai au service du vainqueur et entamerai une tournée européenne pour défendre les propositions et solutions que j'ai portées dans le débat de la primaire. Je me rendrai d'abord en Espagne pour y présenter mon livre, qui vient d'y être traduit, et les idées démondialisatrices et européennes que je défends.
Quel bilan tirez-vous d'ores et déjà de cette primaire ?
Cette primaire, que j'ai réussi à imposer au PS, a créé une situation nouvelle et extraordinaire. Même la droite nous envie cette innovation démocratique majeure. Le PS a réussi à intéresser 2,5 millions de citoyens, à dépasser un projet fabriqué en laboratoire clos, issu des alambics des équilibres de courants et de chapelles. S'il réussit l'unification, nous serons très forts face à Nicolas Sarkozy. Nous pouvons être fiers. De la vieille chenille vient de sortir un beau papillon.
Propos recueillis par David Revault d'Allonnes

mardi 11 octobre 2011

Communiqué de presse sur le second tour

L'équipe des soutiens d'Arnaud Montebourg en Loire Atlantique se réjouit du score tant national que local d'Arnaud Montebourg. Ce score traduit l'inquiétude des citoyens face à la crise financière et sociale actuelle et le désamour face à certaines pratiques politiciennes présentes, il traduit aussi leur volonté de tourner la page par des solutions nouvelles tant économiques qu'institutionnelles.

Concernant le second tour, l'équipe locale ne donne aucune consigne de vote, elle laisse à ses électeurs et à ses volontaires toute liberté dans leur choix et leurs investissements, même si elle constate qu'une majorité des volontaires locaux voteront pour Martine Aubry.
Les électeurs seront éclairés par le débat entre François Hollande et Martine Aubry, ainsi que par leur réponse à la lettre d'Arnaud Montebourg. Les idées doivent en effet dépasser les personnes.

mercredi 21 septembre 2011

Sondage primaires : Montebourg devance Royal (article RTL)


C'est le premier sondage réalisé après le débat de la primaire PS : selon cette enquête BVA pour Ouest-France, Arnaud Montebourg arrive en 3ème position, désormais devant Ségolène Royal dans le cœur des électeurs de gauche.

Hollande toujours grand favori de la primaire PS

François Hollande devancerait largement Martine Aubry au premier tour de la primaire pour l'investiture socialiste à la primaire présidentielle avec 44% des voix contre 28%, selon un sondage BVA pour Orange et la presse régionale.

Ces chiffres portent sur les sympathisants de gauche. Le premier débat de la semaine dernière entre les six candidats a permis à l'élu corrézien de conserver sa position, alors que Martine Aubry perdait trois points.

Arnaud Montebourg, en progression de quatre points, arriverait troisième avec 11% chez les sympathisants de gauche et devancerait Ségolène Royal, qui en perd trois à 9%.

Manuel Valls progresse aussi de deux points à 7% tandis que le radical Jean-Michel Baylet reste à 1%.

Ce débat semble avoir fait progresser l'engouement pour cette élection primaire, qui est une première de la vie politique française. Les électeurs se déclarant absolument certains de participer à la primaire passent de 15% à 18% de la population, ce qui donnerait huit millions de votants.

La primaire se déroulera les 9 et 16 octobre.

L'enquête a été réalisée du 16 au 18 septembre sur un échantillon de 2.624 personnes, choisies par la méthode des quotas dans la population de plus de 18 ans, et fractionné en trois (1.301 sympathisants de gauche, 723 susceptibles d'aller voter et 473 certains d'aller voter).
 

jeudi 2 juin 2011

Primaires PS : Montebourg, un peu d'air frais ? (Philippe Cohen - Marianne | Jeudi 28 Avril 2011)

Arnaud Montebourg consulte et rallie des intellectuels, rassemble ses réseaux et s'arme sur le Net en vue de la bataille des primaires socialistes qui débutera le 16 juillet. Il mise sur la radicalité et la singularité de son projet face à deux candidats mainstream, François Hollande et DSK, que peu de choses différencieront en dehors des performances respectives de leurs régimes amaigrissants.


Pour la fusée Montebourg, le compte à rebours a commencé. Jour après jour, le député de la Saône et Loire peaufine son dispositif pour les primaires socialistes qui démarreront le 16 juillet pour s'achever par les scrutins des 9 et 16 octobre.

Arnaud Montebourg n'a pas beaucoup d'illusions sur un Parti socialiste qui, muet sur la mondialisation depuis des années, a offert tout un électorat populaire sur un plateau d'argent à Marine Le Pen. « Si la gauche ne gagne pas en 2012, le PS éclatera. », lance-t-il, songeur mais on ne sent pas que cette hypothèse le ravit. Le PS vu de sa fenêtre ? Une machine à broyer l'innovation et le renouveau des idées. Une machine qui tend irrésistiblement à couper du peuple l'électorat du PS, quitte à le rétrécir toujours davantage. « Aux lecteurs du Monde ? » plaisante-t-il avec un sourire doux-amer. Une machine qui a failli le tuer lui-même lorsqu'il a tenté de faire des compromis, avec Ségolène Royal puis avec Martine Aubry. Il en a récolté une image de jeune politicien tacticien prompt aux compromis utiles à sa carrière.

Un malentendu, explique-t-il aujourd'hui. Après avoir rassemblé la gauche du non au TCE (48% au référendum interne de 2004 tout de même), il a été abandonné par ses alliés (Vincent Peillon notamment) au Congrès du Mans de 2005, ce qui a abouti à la dilution de son courant NPS (Nouveau parti socialiste), les statuts ne lui permettant plus de disposer des parrainages suffisants pour maintenir son courant. Il a cru bon ensuite de bâtir une alliance avec Ségolène Royal, qui a ensuite piétiné ses deux exigences - la lutte contre la mondialisation et la VI° République -. Montebourg insiste sur le fait que sa ligne n'a pas varié, comme s'il tenait absolument à démontrer une constance et une pugnacité qu'il n'a pas toujours su manifester dans le passé.

Mais comme tout challenger - c'est bien la moindre des choses - Arnaud Montebourg croit aujourd'hui en ses chances. Son premier atout est d'être le seul candidat de rupture à gauche. Partisan de la démondialisation et d'un « protectionnisme vert », son credo lui parait aujourd'hui en effet le seul opposable à gauche à celui de Marine Le Pen. Il pense incarner le seul programme d'alternative au sein d'une gauche dont l'image est de plus en plus gestionnaire, en décalage avec des classes populaires et moyennes affolées par la mondialisation.

Le vote utile va s'imposer à gauche

La synthèse entre l'écologie et le protectionnisme, qu'il a explicitée sur 300 pages dans son livre Des idées et des rêves (1), était plutôt inattendue. On aime bien Gramsci et son hégémonie culturelle du côté de chez Montebourg et le contexte sert ladite synthèse : la désindustrialisation de la France sera l'un des thèmes forts de la campagne 2012; et, adoubé par les enjeux de l'écologie, le protectionnisme gagne plus facilement une vraie légitimité parmi les intellectuels et les classes moyennes. Quand au peuple français, chacun sait que, dès qu'on lui pose la question, il se prononce à une écrasante majorité pour la protection, toutes les études en témoignent. Mais le peuple votera-t-il aux primaires ?

Une chose est sûre : sur ce terrain, le positionnement de Montebourg est singulier et son directeur de cabinet, Gaël Brustier, un ancien du Mouvement des citoyens, auteur de livres salués dans ces colonnes (2), se réjouit de voir la bonne humeur s'installer entre jeunes chevènementistes et ex-militants du pôle écologique du PS qui s'apprêtent à animer la campagne des primaires.

Qui d'autre en effet ? Jean-Luc Mélenchon ne mord pas sur l'électorat populaire, du moins selon les sondages. Son allié communiste aussi discret que pesant, le contraint à ne pas trop s'écarter d'une ligne politiquement correcte, façon « Good bye Lénine » de la social-démocratie. Il ne parlera ni de sécurité ni d'immigration sauf pour défendre les sans-papiers, et on a vu qu'il était passablement gêné aux entournures sur l'euro. En outre, que deviendront les candidatures écolo et Front de Gauche lorsque la gauche tétanisée par le risque d'une élimination au premier tour, sonnera le tocsin de la lutte anti-Le Pen ?

En réalité, selon les calculs d'Arnaud Montebourg, les primaires socialistes seront le seul vrai débat de  l'élection présidentielle. Nous vivrons ensuite une campagne à trois forces centrifuges - UMP, PS, FN - qui lamineront tout le champ politique. Plus encore qu'en 2007 où l'on sentait bien l'affaiblissement du Front national, le vote utile s'imposera à gauche. D'ailleurs, des primaires ouvertes à toute la gauche définiraient, en pointillés, selon lui, les contours d'un grand parti de gauche.

La gauche du PS, - Henri Emmanuelli et Benoît Hamon - est encalminée par son alliance avec Martine Aubry, laquelle est pieds et poings liés avec DSK. Pour le staff de Montebourg, l'affaire est pliée : la première secrétaire du PS ne pourra pas rompre le pacte dit de Marrakech, car son maintien contre DSK ferait le jeu de François Hollande, en divisant par deux l'actuelle majorité. En confirmant son ralliement, le maire de Lille gagnerait son ticket pour Matignon en cas de victoire de DSK, alors qu'elle perdrait sa majorité au PS en ferraillant avec l'homme du FMI.

Enfin, Ségolène Royal, bien qu'elle affirme encore l'inverse, ne sera pas, selon Montebourg, candidate jusqu'au bout. Mieux vaudra pour elle pactiser avec Strauss-Kahn en évitant de mesurer son poids électoral déclinant au sein de la gauche. Attentifs aux « quali », ces études donnant la parole aux futurs électeurs des primaires, les montebouriens affirment en effet que la Présidente de Poitou-Charentes est décrédibilisée pour une très large majorité d'électeurs de gauche.

Une fois débarrassée « des deux filles », la route du 9 juillet serait ainsi plus ouverte qu'il n'y parait pour le député de la Saône et Loire : si la compétition ne concernait que trois candidats - DSK, Hollande et Montebourg -, ce dernier pourrait alors se déployer à l'abri des deux autres candidats. D'abord parce que les troupes dskistes attaqueront frontalement les hollandais et parmi eux nombre d'élus soucieux de ne pas se mettre en difficulté lors des prochaines échéances électorales, les seules qui comptent pour leur carrières. Ensuite parce que, sur le front des idées, Hollande n'est qu'un sous-produit du strauss-kahnisme. Peu de choses séparent en effet les deux candidats réformistes : ils sont européistes, partisans de l'orthodoxie budgétaire et libre-échangistes, même si l'un et l'autre auront la tentation de gauchir leurs discours. DSK a déjà commencé en évoquant le mot-fétiche de Montebourg, démondialisation. Quant à François Hollande, son contact avec Jean-Pierre Chevènement montre qu'il songe lui aussi à passer à gauche, un grand classique des batailles internes au PS.

Qu'importe, pour Montebourg la bataille Hollande-DSK sera illisible, « deux nègres dans un tunnel » lance-t-il. Là réside sa chance : alors que dskistes et hollandais se déchireront à coup de chantages aux postes ministériels et locaux, la charge légère de la brigade Montebourg pourrait le hisser au deuxième tour des primaires. Dès lors, tout serait possible.

Mobiliser très au delà du PS

Au fait Montebourg, combien de divisions ? Le député dispose il est vrai de moyens limités. Ses points d'appui se situent en Bourgogne bien sûr, mais aussi dans le Nord-est de la France, en Languedoc-Roussillon et en Rhône-Alpes. Il bénéficie aussi du soutien de l'ex-pôle écologique du PS de Géraud Guibert, quelques centaines de militants tout de même. Il compte bien élargir son audience durant la campagne des primaires. D'abord, toute la gauche du PS, et une bonne partie des aubrystes ralliés au Maire de Lille pour s'opposer à DSK, se sentira trahie dès lorsque Martine aura pactisé avec Dominique. Certes, Hamon et Emmanuelli plieront, mais leurs troupes se sentiront plus proches des idées de Montebourg que de celles de DSK. Deuxième atout, son fort engagement écologique - il défend un protectionnisme « vert » - peut lui faire gagner des suffrages dans cet électorat dont une partie votera aux primaires socialistes. Enfin, la fibre républicaine de Montebourg, vivifiée par des relations anciennes et maintenues avec Jean-Pierre Chevènement, peut faire du candidat Montebourg un rasoir à trois lames. Il vient d'ailleurs de s'adresser aux Radicaux de gauche, autre famille orpheline de la gauche DSK pour leur proposer de participer aux primaires.

Il y a aussi la question des moyens. La règle des primaires limite à 60 000 euros le plafond de campagne. Montebourg ne sera donc pas désavantagé. Il bénéficiera en outre du soutien de la Netscouade sur Internet, plus gros budget de sa campagne interne, l'équipe qui avait assuré le succès de Ségolène Royal avec Désirs d'avenir. Le site desideesetdesreves.fr, fonctionne déjà depuis novembre 2010. Montebourg a pris langue avec plusieurs intellectuels non conformistes, comme Hakim El Karaoui ou l'économiste Jean-Luc Gréau, qui a été longuement interviewé sur le site. Emmanuel Todd, qu'il a rencontré plusieurs fois, va préfacer un petit ouvrage « agitatif » une sorte de manifeste vendu 2 €  : Voter pour la démondialisation (3). Montebourg y prendra position assez clairement pour une politique plus offensive à l'égard de l'Allemagne, assez hétérodoxe par rapport aux violons socialistes sur le couple franco-allemand. Enfin, Aquilino Morel, l'ancien conseiller de Lionel Jospin, devrait devenir l'un de ses porte parole, tandis que Benoït Thieulin, le patron de la Nestcouade, fait partie du staff rapproché du candidat.

Un électorat flou

La campagne des primaires socialistes conserve cependant une inconnue de taille : c'est la seule élection dont on ne connait pas le périmètre électoral puisqu'il suffira de pas grand chose pour voter. Et le résultat ne sera pas le même selon que le corps électoral sera de 500 000, un ou quatre millions de personnes. En s'investissant dans l'organisation des primaires, Montebourg a voulu torpiller - en l'ouvrant - un système qui écrase selon lui les idées au profit des batailles d'appareil.
 
L'incertitude du scrutin repose donc en grande partie sur son caractère inédit. Mais comment prôner la rupture avec le système tout en restant dans le cadre unitaire puisque chaque compétiteur devra s'engager derrière le vainqueur ? Comment crédibiliser un combat pour la démondialisation tout en acceptant de rallier ensuite celui qui restera, pour longtemps encore, l'ex-patron du FMI ? Pour réveiller un électorat de gauche anesthésié par toutes les raclées électorales et sociales subies depuis 2002, il faut sans doute taper fort. Arnaud Montebourg, le moins médiatique des candidats, peut-il y parvenir dans une campagne en forme de sprint de moins de deux mois (si on compte la trêve estivale) ? On le souhaite, ne serait-ce que par aversion pour un duel Hollande-DSK qui se jouerait davantage sur le tour de taille et le maintien médiatique que sur les idées. Montebourg, un peu d'air frais comme disait Orwell ?