Affichage des articles dont le libellé est economie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est economie. Afficher tous les articles

mardi 16 août 2011

«On laisse les marchés sans gendarme ni radar!»

Arnaud Montebourg était interviewé par Libération ce vendredi 12 août sur la crise économique et budgétaire. Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous.
Candidat à la primaire socialiste, Arnaud Montebourg se prononce pour le «démantèlement des agences de notation» et «l'interdiction de la spéculation sur les marchés financiers».

Quelle est votre réaction au résultat (0,0%) de la croissance au deuxième trimestre?
Les discours d'autosatisfaction du pouvoir actuel assurant que la crise serait derrière nous sont une contre-vérité. Elle est devant nous. Trois ans après la plus grande crise financière depuis 1929, rien n'a été résolu. Aucune remise en ordre n'a eu lieu, la facture de la crise n'est toujours pas payée par le secteur financier qui en est le responsable, pire, les pouvoirs politiques sont convaincus de devoir la faire payer par leurs contribuables en organisant partout des plans d'austérité qui conduisent à la récession. Tous ceux qui pensaient que le retour de la croissance pourrait atténuer la douleur des conséquences de la crise n'ont plus d'autre choix que de se tourner enfin vers des remèdes beaucoup plus sévères contre les marchés.

Lesquels?
Un bras de fer entre le pouvoir financier (les marchés, les institutions financières, les agences de notation) et le pouvoir politique vient de s'engager. Les premiers veulent faire payer aux classes moyennes et populaires, les contribuables des Etats, les conséquences de la crise financière dont ils sont pourtant responsables. Une lutte très dure s'est ouverte pour mettre en difficulté les Etats en faisant croire aux opinions publiques que les dettes accumulées par les Etats seraient de leur responsabilité.
C'est au contraire le secteur financier, sauvé par les Etats qui ont du s'endetter pour y faire face en 2008, qui est responsable de la situation, les banques mordant la main de ceux qui les ont secourus il y a deux ans. Il est donc impensable que ces dettes publiques contractées dans la crise soient payées par les peuples. Quelle est la légitimité du patron de Standards and Poors pour dire ce que devrait être la politique de la France en matière fiscale et sociale?

Mais qu'est-ce que vous proposez?
Il n'y a plus d'autre choix que des mesures dirigistes et de prohibition. Le moment n'est plus à la régulation, qu'il aurait fallu faire il y a quinze ans. Nous sommes engagés dans un conflit ouvert et nous avons un arsenal juridique à notre disposition qu'il revient aux responsables politiques d'utiliser et mettre en œuvre: démantèlement des agences de notation, interdiction de la spéculation sur les marchés financiers pour tout établissement bancaire qui dispose d'une licence sur notre territoire et ses filiales.
Ce sont des mesures immédiates que nous pourrions prendre immédiatement, dès la session extraordinaire de septembre plutôt que je ne sais quelle règle d'or qui ressemble à une discussion sur le sexe des anges, concession surtout faite aux marchés financiers.
Enfin, il faut mutualiser chaque dette publique nationale des Etats de la zone euro due à la crise, dans une agence européenne chargée de racheter cette dette, financée par une taxe sur les transactions financières de la zone euro. Avec un tel dispositif, il n'y aurait aucune crise des dettes souveraines, et aucun plan de rigueur destiné à faire payer la crise financière par les gens.

François Hollande et Martine Aubry restent sur l'objectif de revenir à un déficit de 3% du PIB en 2013? Vous aussi?
Le désendettement progressif du pays est nécessaire. Mais il faudra le faire en faisant payer le secteur financier. Si c'est impossible au plan européen parce que les gouvernements européens sont encore aveuglés par leur idéologie libérale finissante, alors la mise en oeuvre doit être réalisée au plan national. Les contribuables issus des classes moyennes et populaires ne doivent pas financer par leurs impôts la dette due à la crise.
Concernant l'objectif de revenir à un déficit de 3% du PIB présent dans les critères de Maastricht, seuls trois pays le respectaient avant la crise! Pas même l'Allemagne! Pourquoi faudrait-il les respecter en pleine crise? Ce sont des critères obsolètes qui remontent à vingt ans. Il nous faut de nouveaux choix différents et adaptables: remplacer les règles stupides par des choix politiques me parait relever du bon sens.
Il est normal que les Français fassent des efforts pour financer la dépendance des personnes âgées ou le déficit de l'assurance maladie, qui exprime le niveau de solidarité qu'ils choisissent entre eux. Il est aussi normal de demander aux banques et aux grandes entreprises qui ont bénéficié d'avantage fiscaux et qui sont responsables de la crise de payer pour leurs propres impérities et leurs graves conséquences.

Vous êtes le plus radical des candidats socialistes à la primaire. Ne regrettez-vous pas de voir vos camarades jouer une carte beaucoup plus réformiste?
Mes propositions ne sont pas incompatibles. Je propose des mesures de démondialisation financière, ayant pour objectif de rendre le politique plus fort que les marchés. On me dit que je serais trop radical? Mais le plus radical et le plus extrémiste ne serait il pas le système qui a fabriqué cette crise?
Face à Nicolas Sarkozy, il faudra bien que le PS ait les idées de la France d'après. Il ne peut plus s'inspirer de la gestion libérale du système. C'est le sens de ma candidature. Il est impossible d'imaginer qu'on puisse mener la France dans la réalisation du projet socialiste, même a minima, si nous n'avons pas vaincu les marchés. Il faut interdire au marché de se comporter comme il se comporte, et briser leur pouvoir qui empêche d'exercer le nôtre.
On met des radars partout sur les routes de la vie quotidienne des Français pour assurer la sécurité routière. C'est une bonne chose, mais dans la finance, on laisse les marchés sans ligne blanche, sans gendarme ni radar. On laisse ses opérateurs se comporter comme des chauffards et en plus on leur fait des chèques! Si nous ne parvenons pas à faire cesser cette insécurité financière, le peuple aura perdu sa liberté de choisir, et je ne donne plus très cher de l'avenir de nos démocraties encore apaisées et tranquilles.

Manuel Valls propose une rencontre entre les candidats à la primaire avant l'université de La Rochelle. Quel est votre avis?
On peut se voir mais vous savez on se téléphone tout le temps! Il ne s'agit pas de solenniser cette rencontre. On s'entend bien les uns avec les autres!

jeudi 3 février 2011

Mondragon : le capitalisme coopératif à grande échelle (Sur le site des idées et des rêves)

Le capitalisme financier actuel, cette dictature sans tête, a toujours fait en sorte de reléguer le modèle coopératif au rang des utopies irréalisables ou au mieux possible, mais à une échelle tellement réduite, qu’il sera condamné à la marginalité.

Les tenants du système dominant avancent en général une série de deux arguments :
La démocratie économique dans l’entreprise est source de dysfonctionnements. Pour eux, les salariés associés n’ont pas la « fibre » entrepreneuriale ». Ils  bloquent les décisions qui pourraient être contraires à leur intérêt et qui sont pourtant indispensables au développement de l’entreprise.
Ensuite disent-ils, ce modèle est incapable de résister à la concurrence puisque les salariés associés décident du niveau général des salaires dans l’entreprise alors qu’il devrait l’être par l’état des forces du marché du travail. Ainsi, la coopérative n’est jamais compétitive.

L’histoire de Mondragon, coopérative du Pays basque espagnol vient défaire un à un ces arguments. Depuis sa création en 1957, la coopérative s’est développée à grande vitesse sur trois terrains concurrentiels : l’industrie ( Mondragon est propriétaire des électroménagers Fagor, Brandt, de Dietrich), les services bancaires et la distribution. Avec 85 000 salariés, un chiffre d’affaires supérieur à 15 milliards, Mondragon est devenu le 5e groupe économique espagnol.

Le modèle Mondragon de compétitivité  repose sur la démocratie interne, le développement de la formation professionnelle, l’amélioration de l’environnement social. Le groupe dispose de centres de  formation réputés, d’universités, d’une caisse d’assurance santé complémentaire auxquels tous les salariés/associés, les « socios » et leurs enfants ont droit.

Lorsque les résultats sont positifs, la partie non réinvestie des bénéfices est distribuée aux «socios». Enfin, impossible de trouver des salaires 20 ou 50 fois supérieurs à d’autres. Ici, l’écart salarial maximum est limité à 6.

L’esprit coopératif amène aussi à la gouvernance de l’entreprise, une lucidité et une acuité redoublée. Depuis 40 ans, le groupe met en oeuvre des stratégies industrielles à long terme loin, très loin des exigences de rentabilité à court terme des actionnaires du capitalisme financier.
Éthiquement supérieur, résolument tourné vers la production plutôt que la spéculation, le modèle coopératif résiste mieux aux crises. Après des décennies de marginalisation et de stigmatisation négative, il peut devenir l’un des modèles d’entreprise majeur du XXIe siècle.
Julien Dourgnon.

samedi 29 janvier 2011

Du capitalisme coopératif et mutualiste (Sur le site des idées et des rêves)

Etat des lieux : la richesse confisquée, le travail abîmé

Le système économique a perdu la tête et s’est retourné contre les gens. Pendant les presque 14 années de ma vie politique, j’ai vu la condition ouvrière changer, le travail dans les usines se durcir, le productivisme devenir cruel pour les êtres humains et leurs corps, avec des cadences augmentées, la réduction des pauses, la modération salariale, la cruelle absence de solidarité entre les ouvriers. Le prix payé par les employés à la profitabilité de leurs entreprises est devenu souvent intenable dans la vie quotidienne des usines. Finalement, ouvriers, cadres, syndicalistes, même directeurs d'usines, élus locaux, parlementaires, peu importe, nous sommes tous devenus les otages enchaînés de ce système qui n'a plus le sens de l'être humain, de la modération et de l'équilibre.
Quand la richesse est confisquée, et que le travail est dégradé, c’est toute la France qui paie le prix fort. Cette France du prix fort, c’est celle dont le pouvoir d’achat s’amenuise, celle qui travaille dur et qui peine à vivre, celle à qui on ne propose pas de travailler plus, sinon pour gagner autant. Cette France du prix fort, c’est celle des ouvrières des usines de l'agroalimentaire, qui contractent des maladies professionnelles sous la pression des cadences. Elles ne sont d'ailleurs pas seules. Désormais, le travail souvent payé au lance pierres rend malade. Aux troubles musculo-squelettiques des ouvrières répond le stress des cadres, les vagues de suicides dans certaines grandes entreprises. Cette France du prix fort, c'est celle du labeur et du courage – sur les chaînes des usines, aux caisses des supermarchés, sur les plateformes téléphoniques – qui se voit refuser le partage du fruit de ses efforts.

Bienvenue dans le capitalisme coopératif

Le moment est venu d’imaginer à grande échelle, à partir de notre préférence pour l’humain, une nouvelle organisation économique, aux fondements, règles et buts différents : le capitalisme coopératif. Une entreprise coopérative est un assemblage efficace de capitalistes et de travailleurs poursuivant des buts économiques, sociaux et éducatifs communs, par le moyen d'une entreprise dont le fonctionnement est démocratique et la propriété collective. Les capitalistes y sont travailleurs et non rentiers ou financiers, et les travailleurs y sont capitalistes, car ils capitalisent le fruit de leur travail.

Un modèle viable

Ce capitalisme n’est pas un idéal lointain et idyllique de doux rêveurs qui ne connaitraient rien à l’économie moderne. Qui sait qu’aujourd’hui 2 246 000 salariés français sont concernés par ce modèle alternatif ? Prenons des exemples. Le monde coopératif agricole français pèse aujourd'hui 80 milliards d’euros et emploie 150 000 salariés (Candia, Douce France, Prince de Bretagne ou Savéol sont des coopératives). Mais le monde coopératif n’est pas qu’agricole. Le groupe Chèque Déjeuner, groupe international au demeurant, est un modèle du genre. 9,1% de nos entreprises sont coopératives, soit plus de 215 000 établissements auxquels il faut ajouter 182 000 associations, 23 900 coopératives (hors agriculture), 7180 mutuelles. Le modèle coopératif est une manière de répondre à nos maux.
  • C’est un secteur créateur d’emplois : entre 2006 et 2007 le taux de croissance de l’emploi dans le monde coopératif a été de 4,7% contre des taux de croissance des emplois de 3,8% dans le privé et 1% dans le public.
  • C’est un modèle discret mais présent dans nos vies : 60% des dépôts bancaires se font dans des banques de l’économie sociale et solidaire. 1 véhicule sur 2, comme 2 habitations sur 3 sont couverts par une mutuelle d’assurance (qui regroupent 16 millions de sociétaires). 38 millions de personnes sont couvertes par une mutuelle de santé et de prévoyance. 90% des établissements pour personnes handicapées et 45% des maisons de retraite sont gérées sur le mode associatif.
  • C’est un modèle économique favorable à l’emploi des femmes. Dans le monde coopératif, les femmes représentent 65,9% des salariés, soit beaucoup plus que dans le public et le privé.
  • C’est un modèle économique favorable à l’emploi des seniors. Dans le monde coopératif, les seniors représentent 26,5% des salariés contre 21% dans le privé.

De l’économie du poing fermé à l’économie de la main tendue

Le capitalisme coopératif est celui qui associe des hommes et des femmes qui décident librement de leur destinée collective. C’est celui qui assure la primauté de l’homme sur le capital. C’est le moyen d’insérer de la démocratie dans l’économie, de faire renaître la société souvent étouffée par un marché brutal ou un Etat procédurier. Le capitalisme coopératif, c’est l’exact opposé de notre modèle dans lequel les travailleurs sont maltraités et les consommateurs réduits à la passivité. La forme coopérative est le moyen de redonner du sens au travail, de casser la souffrance induite par une organisation qui broie les hommes. C’est l’économie au service de l’intérêt général et de l’utilité sociale. En somme, c’est un secteur économique qui œuvre sur le marché, mais selon ses propres valeurs, qui réconcilie l’économie avec les territoires et agit donc en faveur de la relocalisation. Mais c’est surtout un modèle de justice économique puisque le partage des bénéfices y est équitable entre tous les salariés, quel que soit leur niveau, de la secrétaire au PDG. Tous sont « copropriétaires » d'une partie de l'entreprise et de sa réussite, qui sont leur bien commun.

mercredi 26 janvier 2011

Le renouveau productif (sur le site des idées et des rêves)

La grande question des années à venir est celle de notre renouveau productif. Car celui qui ne produit pas est toujours dans la main de celui qui produit. Ceux qui ne se soucieront pas de préparer les inventions, les produits et la richesse de demain, risqueront l’appauvrissement rapide. Si les Français veulent financer un bon niveau de retraite, de santé, d’éducation, de services publics, il faut d’abord reconstruire un socle industriel puissant.
 

La rente, voilà le véritable ennemi

Après avoir laissé distribuer des bonus aux traders, le moment est venu d’inverser les préférences collectives et de rémunérer le risque productif. Les rentiers qui gagnent leur vie en dormant, les monopoles privés qui essorent le travail des autres, l’actionnariat qui exige des niveaux de rentabilité démentiels, tous sont la France du lierre qui parasite et étouffe la France de l’arbre, et empêche celui-ci de croître. C’est cette France qu’il nous faudra affaiblir pour réorienter nos ressources dans la construction de la nouvelle société productive. Il ne s’agit pas de persécuter les actionnaires, mais au contraire de faire évoluer leur attitude et les ramener à l'utilité productive et industrielle. Ne soyons pas naïfs, dans une économie du renouveau productif qui appelle des investissements massifs, il faudra lever des fonds auprès d’actionnaires.
 

Une nouvelle alliance

Le moment est venu de construire l’alliance des producteurs avec les travailleurs contre les actionnaires : l’union des capitaines d’industrie et des salariés contre la confiscation du rendement et de la valeur de leur travail et pour un autre partage des richesses. C’est dans cette nouvelle alliance que nous trouverons les moyens de changer le travail. Pour cela, je défends trois propositions d’envergure : indexer les salaires sur les gains de productivité des entreprises afin de rétablir l’équilibre entre les salaires et dividendes ; faire entrer les salariés dans les conseils d’administration des sociétés avec voix délibérative ; rendre incompatibles les licenciements économiques avec la distribution de dividendes (si l'entreprise gagne de l'argent au point de distribuer une partie de ses bénéfices aux actionnaires alors dans ce cas elle n'a aucune raison de licencier).
Mais produire pour produire n’a pas de sens. Produire, ce n’est pas seulement fabriquer des biens, c’est organiser leur usage. Produire, c’est inventer la civilisation dans laquelle on veut vivre. Aux producteurs rassemblés avec les innovateurs et les travailleurs, je veux adjoindre les penseurs et les artistes. Une place doit leur être faite. Ils sont la condition de l’innovation. La création industrielle doit s’accomplir différemment, par l’incorporation des intelligences et savoir-faire et la recherche de l’innovation. C’est le mode de fonctionnement est celui des logiciels libres. La participation des utilisateurs et consommateurs a vocation à les améliorer sans cesse.

Les moyens d’une ambition

Ce renouveau productif mobilisera toutes les forces, publiques comme privées. Les belles réussites industrielles qui ont pour nom Apple ou Google ne sont pas le fruit des seules vertus du marché. Faut-il rappeler le rôle primordial des recherches menées par l’armée américaine dans l’élaboration de ce qui allait devenir internet ? Il faut que nous soyons capables de monter des équipes mixtes publiques et privées unissant les savoirs, débouchant à moyen terme sur l’élaboration des produits de demain, à organisant la production sur notre sol. Toutes les Nations qui croient dur comme fer en leur avenir ont imbriqué ces intérêts.

Drainer l’épargne vers l’investissement

Mais pour cela, il nous faut des moyens financiers puissants. Dans un rapport du Conseil d’Analyse Economique et Sociale de 2010, Jérôme Glachant et Jean-Hervé Lorenzi démontrent qu’il « nous faudrait de 30 à 40 milliards d'euros de plus par an pour redynamiser notre appareil productif ». Cet argent, c’est celui de chaque Français, qui sommeille sur nos comptes en banque. Chacun estimera que le sien est bien maigre, mais mis ensemble, la somme est considérable. En 2008, le patrimoine financier des Français était proche de 3 500 milliards d'euros. Pour convertir notre épargne en investissements, il faut créer des fonds destinés spécifiquement à l’innovation et à la mutation de l’appareil productif. Mais pour conjurer le risque plus élevé que celui d’une assurance-vie, ces fonds devront être garantis par la puissance publique. Ils n’exigeront pas un retour sur investissement immédiat – maladie du capitalisme financier – mais tireront bénéfices de leurs investissements. L’époque où l’on privatisait les bénéfices et où l’on socialisait les pertes doit se refermer. C’est un nouvel Etat que l’on peut ainsi faire naître, non plus distributeur universel et à perte, mais qui retire un profit légitime de son investissement, à condition que ce profit soit lui-même réinvesti dans l’utilité collective, y compris dans son propre désendettement.
On pourrait résumer le renouveau productif en trois formules : la production contre la rente, l’innovation contre la reproduction, et la démocratie contre la confiscation, portées par une alliance nouvelle.